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Capital risque est un mode de financement destiné au développement technique du produit et à sa commercialisation, dans les toutes premières années d'existence de l'entreprise. Le plus souvent, les entreprises financées œuvrent dans les secteurs des technologies de l'information ou des biotechnologies.
Les investisseurs en
capital risque apportent du capital, ainsi que leurs réseaux et expériences à la création et aux premières phases de développement d'entreprises innovantes ou de technologies considérées comme à fort potentiel de développement et de retour sur investissement. Parmi les succès récents les plus connus du capital-risque, on peut par exemple citer Google aux Etats-Unis et Skype en Europe.
Le terme « risque » utilisé en France n'a pas toujours d'équivalent dans les autres pays où l'on emploie souvent le terme d'opportunité (Venture capital). Au Canada, on utilise l'expression "capital de risque" plutôt que "
capital risque". On note tout de même l'allemand "RisikoKapital", l'espagnol "Capital de riesgo", le portugais et brésilien "Capital de risco"... Les professionnels français ont souvent cherché d'autres termes, plus proche de la traduction américaine en mettant moins l'accent sur le risque de l'investissement que sur les profits attendus: "Capital Aventure", "Capital Croissance"... Ces tentatives de communication ont eu parfois un succès éphémère, mais une seule déviation a bénéficié d'un usage régulier pendant quelques années: le capital d'amorçage, dédié à la création d'entreprises.
Un fonds de capital-risque doit générer une rentabilité élevée (comparativement aux prêts bancaires aux entreprises). Le portefeuille de ce type de fonds se compose de projets qui échouent ainsi que de projets qui réussissent et compensent donc les pertes réalisées sur les premiers. La réussite passe par la revente de la société financée (appelée en France société affiliée) à une autre société, ou par une introduction en bourse, par exemple sur Alternext, ou l'Eurolist à Paris.
On comprend donc que la sélection des projets (financer les meilleurs et écarter les projets aux perspectives moins prometteuses) soit essentielle dans ce secteur d'activité. Cette étape passe inévitablement par l'
analyse du plan de développement de l'entreprise (business plan). Les investisseurs sont souvent prêts à partager les caractéristiques qu'ils utilisent pour évaluer des projets financiers[1].
La définition française du capital-risque inclut parfois à tort les
LBO (leverage buy out), qui sont des opérations de rachat avec effet de levier (autrement dit avec une forte part d'endettement par rapport à la mise en capitaux propres), alors qu'aux États-Unis le venture capital n'inclut pas ce genre d'activités. La lisière avec le capital-développement (investissements minoritaires au capital de PME) est en revanche plus floue. Le capital-risque se distingue par une plus forte composante technologique et une plus grande capacité à financer des pertes pour favoriser le développement de cette technologie. Ses domaines de prédilection ont été, jusqu'à présent, les technologies de l'information et de la communication (TIC) et les biotechnologies. Mais depuis quelques années (2004 en Californie, 2007 en France), les capital-risqueurs s'ouvrent de plus en plus aux technologies du
développement durable (Cleantech ou Greentech), en misant notamment sur les énergies renouvelables.
Le
capital risque consiste, pour des investisseurs professionnels, à prendre des participations minoritaires et temporaires dans le capital d'entreprises naissantes ou très jeunes.
Cela permet d'améliorer considérablement le financement des entreprises à fort potentiel de croissance en créant des conditions favorables pour l'octroi de prêts bancaires. En effet, l'entrée au capital d'investisseurs constitue un formidable effet de levier pour accéder au financement bancaire.
Il permet également aux entrepreneurs de profiter de conseils avisés de ces investisseurs, de leur expérience, de leur carnet d'adresses, etc.
Il n'est d'ailleurs pas rare que les investisseurs occupent un siège au conseil d'administration assorti d'un poids non négligeable dans les prises de décisions.
Modalités
La décision d'entrer au capital d'une société est prise après l'étude d'un business plan établi sur 3 ans au minimum. Les dossiers présentés étant atypiques et relevant d'entreprises généralement à fort potentiel, les critères retenus seront différents que ceux constatés dans les banques. Les investisseurs seront attentifs à la qualité du dossier, à l'expérience et la complémentarité des créateurs, à la place disponible sur le marché pour le produit ou service proposé, au caractère réellement innovant de l'offre, etc.
Les modalités d'intervention en capital-risque sont plus ou moins sophistiquées. Selon les cas, le capital-risqueur peut :
- souscrire des actions ordinaires,
- souscrire des actions à dividende prioritaire ou assorties de "bons de souscription d'actions" (ABSA).
- accorder des avances en compte courant d'associé.
Le capital-risque n'a pas pour vocation à rester éternellement investi dans l'entreprise ; son intervention doit être ponctuelle et limitée dans le temps. La sortie peut se faire par :
- la réduction ou l'amortissement du capital,
- le rachat des titres par les associés initiaux à un prix convenu,
- la revente des titres à un groupe industriel ou financier,
- la revente à une structure de capital-développement,
- l'introduction en Bourse.
Les capital-risqueurs tirent essentiellement comme rémunération la plus-value réalisée lors de la revente de leur participation.
Ils risquent donc :
- de ne jamais pouvoir revendre les actions souscrites,
- ou de tout perdre si l'entreprise disparaît.
Qui sont ces investisseurs ?
Le capital-risque est mis en œuvre :
- par des personnes physiques appelés business angels
- par des sociétés de capital-risque (
SCR),
- par des fonds de
capital risque (spécialisés dans le capital création),
- et par l'intermédiaire de FCPR (Fonds communs de placements à risques), de FCPI (Fonds communs de placement dans l'
innovation) et de FIP (Fonds d'Investissement de proximité) qui sont, comme tous les Fonds communs de placement, des "véhicules financiers" n'ayant pas de personnalité juridique mais gérés par une société de gestion ad hoc.
Compte tenu des besoins en fonds propres des créateurs on peut, en simplifiant, distinguer 5 étages d'intervenants.
Investisseurs nationaux : fonds institutionnels,
SCR nationales, FCPR, FCPI. Ces fonds interviennent rarement pour des montants inférieurs à 500 000 € et leurs participations dans des entreprises au stade d'amorçage sont généralement limitées. Les principaux fonds sont recensés au sein :
- de l'
annuaire des participations de CDC Entreprises ( accéder au
moteur de
recherche des fonds affiliés),
- de l'
annuaire des membres de l'Afic (Association française des investisseurs en capital),
- du guide des sociétés de capital investissement (Editions du management),
La qualification "entreprise innovante" au
titre des FCPI délivrée par OSEO permet aux entreprises titulaires d'accéder au financement des FCPI.
Investisseurs régionaux :
SCR régionales, FIP et quelques FCPR, FCPI. Ces fonds visent généralement à soutenir la création et le développement d'entreprises implantées dans leur région d'intervention. Leur fourchette d'investissement, plus réduite, est généralement comprise entre 75 000 et 600 000 euros. Les principaux intervenants sont listés sur :
- l'
annuaire des investisseurs régionaux
- l'
annuaire de l'Unicer ( Union nationale des investisseurs en capital pour les entreprises régionales)
- l'
annuaire des FIP de l'
AMF (Autorité des marchés financiers)
Corporate venture : ce sont des fonds créés par de grands groupes industriels, souvent spécialisés et intervenant généralement sur leur propre secteur d'activité (Innovacom filiale de France Télécom intervient dans le secteur des télécommunications).
Leurs interventions se situent en phase de création et quelquefois en phase de développement pour des montants généralement supérieurs à 300 000 euros.
Ces investissements permettent aux industriels de connaître et de maîtriser toutes les avancées technologiques sur leur marché. L'expertise acquise et la caution offerte par ces grands groupes peut s'avérer utile pour l'entrepreneur.
Ex. : Siemens venture capital, Aventis venture capital fund, Innovacom (filiale de France Télécom), etc.
Les business angels : il s'agit de particuliers, issus en général du monde des affaires, disposés à investir des capitaux (plutôt à partir de 15 000 euros) dans des projets leur offrant de réelles perspectives de revente très lucrative de leur participation.
Pour entrer en contact avec ces investisseurs privés, quelques intermédiaires sont apparus sur le marché (voir coordonnées en fin de document).
A côté de ces opérateurs jouant un rôle d'entremetteur, a été créée l'association France Angels qui fédère les réseaux locaux de business angels.
En savoir plus sur les business angels : lire l'interview de Claude Rameau.
Le micro-capital-risque de particuliers : il concerne quelques clubs d'investisseurs informels tels que les Cigales (Clubs d'investisseurs pour une gestion alternative et locale de l'épargne solidaire) pour des interventions modestes de l'ordre de 1 500 à 3 000 euros, ainsi que les membres des associations Love Money pour l'Emploi qui peuvent, selon les montants individuels engagés, se situer dans le micro-capital-risque ou dans la catégorie des business angels.
En savoir plus sur les Cigales : lire l'interview de Jean-Pierre Dumoulin.
Précision : un projet nécessite souvent l'intervention de plusieurs organismes d'où le rôle fondamental des leveurs de fonds. Leur mission consiste à aider le porteur de projet dans la réalisation de son business plan puis de rechercher les investisseurs auprès desquels ils présenteront le dossier.