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Cette nouvelle va probablement faire frémir Apple... Le gouvernement Américain vient d'autoriser la pratique du Jailbreak, c'est à dire, de valider de façon légale, la possibilité de dévérouiller de façon électronique, les systèmes des téléphones portables, qui obligeaient jusqu'à aujourd'hui les utilisateurs à passer obligatoirement par la plateforme du constructeur du téléphone, pour à la fois télécharger et installer un applicatif.
Ce jugement, pour lequel Apple Computer n'a pas encore fait appel, risque d' être lourd de conséquence pour tous les constructeurs de mobiles... En effet, que ce soient Samsung, RIM, Google Android ou encore Apple AppStore, les plateformes des constructeurs obligent quasiment les utilisateurs à installer les applications à partir d'un outil qui leur permet de contrôler ce qui est installé sur les marques respectives des téléphones. Les développeurs sont donc contraints d'obtenir une validation de la part des constructeurs, et les constructeurs sont également commissionnés, au passage sur chaque vente via leur plateforme d'échange, qui est également une plateforme de transaction.
Le succès d'Apple, via l'Appstore, qui a permis à la firme de commercialiser avec succès de la musique, des films, et qui aurait pu permettre la commercialisation de livres électroniques via l'iPad, est donc sérieusement remis en cause. Nul doute que l'équipe juridique de la firme mettra tout en oeuvre afin de maintenir à la fois ses outils et sa stratégie commerciale basée sur son offre originale...
Cette décision a été prise dans le cadre de l'évaluation triennalle du Digital Millenium Copyright Act (DMCA). En janvier 2009, l'Electronic Frontier Foundation (une organisation de défense des libertés) avait déposé une requête pour que le jailbreak soit exclu du DMCA, requête à laquelle Apple avait bien sûr répondu en défendant le fait que le jailbreak soit illégal.
Le gouvernement américain a donc donné raison à l'EFF.
Pour les développeurs de jailbreak, et d'applications iPhone (ou Android) c'est une décision très lourde de conséquences. On imagine maintenant que de nombreuses sociétés frileuses à développer pour des plateformes à moitié pirates vont se ruer sur ce nouveau marché. Le jailbreak signifie en effet que les utilisateurs d'iPhone n'auront plus à passer par l'App Store et le processus de validation par Apple très contraignant. Le jailbreak signifie également qu'on devait bientôt voir apparaître des applications gérant Flash. Enfin, le jailbreak fait sauter le verrou du téléphone sur le réseau d'un opérateur en particulier. Un gros pavé dans la marre d'AT&T le seul opérateur partenaire d'Apple aux USA.
La contre-attaque d'Apple:
Selon nos sources, Apple serait déjà repassé à l'offensive en contre-attaquant grâce l'a la validation d'un brevet, permettant à la firme d'identifier et d'interagir avec un utilisateur frauduleux grâce à un brevet technique dénommé: « Systèmes et méthodes pour l’identification d’utilisateurs non autorisés d’un appareil électronique ».
Lorsque l'on sait que rien n'est anonyme sur Internet, et que malgré les nombreuses organisation qui militent pour le droit à la vie privée sur Internet, on ne peut que s'étonner de la démarche d'Apple, qui a déjà procédé à l'insu des utilisateurs à la désinstallation automatique de certains logiciels sur des iPhones, il y a quelques mois...
Pour détecter à distance l’utilisation d’un appareil jailbreaké, Apple pourrait se baser, selon les termes du brevet, sur le déclenchement à distance de l’appareil photo, l’analyse de la voix et même celle du rythme cardiaque. Dans ce cas l’objectif est d’abord de vérifier que celui qui utilise l’appareil est bien le propriétaire déclaré.
Lorsqu’un utilisateur « pirate » est détecté, des « mesures de sécurité » sont alors prises. Cela va du blocage du navigateur Internet en passant par celui de la liste des contacts, jusqu’à la diffusion de messages d’avertissement par e-mail ou SMS. Pour le jailbreak en lui-même, le brevet fait référence à la suppression à distance d’une application non autorisée.
Fin juillet dernier, la justice américaine a modifié la loi sur le copyright a en partie levé l’interdiction du jailbreak sur des appareils comme les iPhone et iPod touch.
Néanmoins, il semble également légitime que la firme de Cupertino cherche à protéger ses technologies, son business model, et plus simplement, son avenir. La validation de l'action de Jailbreaking, risque réellement de mettre à mal Apple Computer...(à suivre)