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Les statistiques pour le troisième trimestre 2008, publiées par Dow Jones VentureSource, sont mauvaises : les fusions et acquisitions, ainsi que les introductions en Bourse de jeunes pousses n'ont rapporté que 4,6 milliards de dollars aux investisseurs sur cette période. Ce qui représente une chute de 66 % par rapport au troisième trimestre 2007.
Les start-up françaises pourront-elles échapper à la crise ?
la société de conseil en levée de fonds Chausson Finance publie son indicateur semestriel pour le début de 2008. Et ses données sont plutôt positives : les investissements dans les starts-up en France ont atteint 470 millions au cours des six premiers mois, en augmentation de 18 % sur un an.
Certes, ils diminuent de 17 % par rapport au second semestre 2007, mais cette baisse est à relativiser estime Chausson Finance : « Historiquement, les montants investis au cours du premier semestre sont généralement inférieurs à ceux investis au second semestre. » Au total, 312 sociétés ont reçu des capitaux, pour un montant moyen d'investissement de 1,5 million d'euros.
Une analyse partagée par Pascal Mercier, directeur associé et cofondateur de la société Aelios Finance. « Lorsqu'on investit dans une start-up, c'est pour aider une société qui va avoir une valeur de marché à l'horizon 2011-2012. C'est la conjoncture de sortie qui importe, et l'on sait, d'expérience, qu'un cycle de crise dure généralement deux ou trois ans. Ce fut le cas pour les crises de 1992-93, puis de 2000-2001. »
Les Cleantech à la hausse
Pascal Mercier table seulement sur un ralentissement des investissements en provenance des business angels, pour lesquels le capital-risque n'est pas forcément le métier de base ; ils devraient se recentrer sur d'autres classes d'actifs. Pour les FCPR (fonds communs de placement à risque) et les FCPI (fonds communs de placement dans l'innovation), il ne faudra compter que sur un très faible ralentissement des investissements.
« Cette crise n'aura qu'un effet marginal sur l'argent disponible à investir », confirme Philippe Collombel, associé du fonds de capital-risque Partech International « Les investisseurs se montreront seulement un peu plus prudents et un peu plus sélectifs, à court terme. Mais la loi absolue est la suivante : lorsqu'il y a un bon projet, il faut le financer. » Et si la crise se poursuit sur le plus long terme, il pourrait malgré tout y avoir un équilibre naturel : les start-up hésiteront à se lancer dans l'aventure, la demande en capital va donc baisser, selon lui, régulant ainsi le marché.
Selon Chausson Finance, le secteur de la santé est celui qui a attiré le plus les capitaux, avec 120,6 millions d'euros (26 % du total), au premier semestre 2008. Suivent les logiciels (73,7 millions d'euros, 16 %), les « Cleantech » (technologies dites propres, liées aux énergies renouvelables - 67,6 millions, 14 %), les télécoms (61,7 millions - 13 %), l'internet et l'e-commerce (49,5 millions, 11 %).
Les Cleantech sont le secteur en plus forte croissance : 44 entreprises ont reçu un financement, contre seulement 27 le semestre précédent, de la part de 18 fonds de capital-risque. En revanche, « après une année faste, en 2007, le secteur internet et e-commerce connaît ce semestre une chute de 46 % des montants investis », précise l'indicateur.
Sur le marché de l'internet plus spécifiquement, le choix des investisseurs se fera en fonction du modèle économique des start-up : « Les modèles entièrement basés sur la publicité ne seront viables que pour les sites qui sont capables de drainer une forte audience, comme des site tels que Dailymotion. Pour les autres, il faudra d'autres modèles qui combinent plusieurs sources de revenus ».
En période de crise, les investisseur optent majoritairement pour les tours de financement tardifs, mais n'oublions pas que certaines Start-Up françaises ont déjà profité de ces périodes noires comme Price Minister et Meetic, nées pendant la crise de 2000 - 2001. Pour continuer sur le secteur de l'Internet, les investisseurs auront tendance à se tourner vers des sites qui auront des modèles économiques solides combinant une ou plusieurs sources de revenus tel Dailymotion, capable de drainer une forte audience et dont le business plan est entièrement basé sur la publicité. C'est de toute manière sur les faillites que se construisent les fortunes...
Cependant, deux Entreprises semblent faire exception à la règle:
Microsoft, qui vient d'annoncer la création d'un centre de recherche et développement à Issy les moulineaux, visant à développer sa stratégie sur les moteurs de recherche, et Google, le leader de la recherche et des revenus publicitaires sur Internet.
Il restera à noter cependant que la communication de Google s'est considérablement calmée, concernant le rachat de startups et autres nouvelles technologies liées à l'Internet...