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L’auteur élabore son ouvrage à partir des deux axes sur lesquels se fonde Google :
- Our mission is to organise all the information in the world
- DonÂ’t be evil
On a un peu de mal à adhérer à l’idée sous-tendue dans le titre qui fait le rapprochement, voire même une sorte de collusion, entre la société Google et l’Etat américain. Le livre est plutôt critique sur ce rôle que prétend jouer Google vis-à -vis du monde entier. Il est vrai qu’aujourd’hui, sans Google (ou un autre moteur de recherche), l’Internet serait nettement moins utile. Mais, ce moteur n’est que le reflet de la technologie actuelle. Il est probable que dans 5, 10 ou 15 ans, le Web aura bien évolué et que notre manière de naviguer sur Internet et de chercher des informations sera très différente de ce qu’elle est aujourd’hui.
L’auteur nous rappelle ce point parfois oublié : « l’algorithme est la propriété de l’Université de Stanford conféré sous licence exclusive à Google, mais simplement jusqu’en 2011 ». Il est vrai qu’à cette date Google pourra faire une offre alléchante à l’université californienne.
Quelques phrases chocs dans le livre :
- Depuis 2003, Google est moins un moteur de recherche qu’une plate-forme d’applications, qui offre sans cesse de nouveaux services de plus en plus ébouriffants ;
- [...]Qui fait du partage de lÂ’information, lÂ’un des nouveaux droits de lÂ’homme ; - Google est affine au Web ;
- Corrélativement, il est obscène de déployer des intérêts économiques et commerciaux sous couvert d’une mission de civilisation ;
- On sait que 80 % des recherches s’arrêtent à la première page et qu’on les poursuit très rarement après la 3e page ;
- [Ainsi, la qualité n’est rien d’autre qu’une propriété émergente de la quantité ;
- CÂ’est dans lÂ’importance dans lÂ’opinion qui mesure lÂ’importance dans lÂ’opinion.
Barbara Cassin
Albin Michel
Collection : Banc public
258 pages
16,90 EUR
Our mission is to organize all the information in the world ("Notre mission est d'organiser toute l'information dans le monde") ; Don't be evil ("Ne sois pas mauvais, méchant").
Tels sont les deux axes principaux de Google Inc. que Barbara Cassin, dans cet essai polémique, examine en philosophe. Elle montre qu'ils se traduisent par deux mots d'ordre : organiser et faire le bien. Comment, dès lors, ne pas entendre le président Bush concluant chacun de ses discours, après le 11 septembre 2001, par un appel à Dieu pour mener la « guerre juste », « le combat monumental du Bien contre le Mal » ?
L'extraordinaire histoire de l'invention de Google, le « meilleur » moteur de recherche, par deux étudiants de Stanford, de son développement jusqu'à son entrée fracassante en bourse, permet à Barbara Cassin d'aborder sous un angle nouveau la question décisive de la dimension culturelle de la démocratie.
« Google est un champion de la démocratie culturelle, mais sans culture et sans démocratie. Car il n'est un maître ni en culture (l'information n'est pas la paideia) ni en politique (la démocratie des clics n'est pas une démocratie). »