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Son rachat l’été dernier par le capital investisseur américain Francisco Partners, pour près de 62 millions de dollars, a marqué une étape décisive dans le développement de la firme israélienne dirigée par Matti Shem Tov. Le nouvel actionnaire a en effet permis à Ex-Libris de s’offrir en novembre 2006 son concurrent américain Endeavor, et d’augmenter de 50% son portefeuille de clients, passé de 2700 et 4000 institutions dans le monde. Avec entre autres références l’Université Harvard, le MIT, la bibliothèque nationale de Chine, le département historique de l’Armée française ou encore la « British Library ». Présent dans 63 pays et comptant plusieurs millions d’usagers, Ex-Libris entend désormais consolider son avance en lançant en avril prochain une nouvelle génération de produits, baptisée « Primo ». Son ambition : devenir la solution d’exploration documentaire de référence du monde académique. « A l’heure, où les étudiants ont accès gratuitement à Google, il était très important d’offrir un outil qui soit une sorte de guichet unique pour la recherche documentaire », explique Nancy Dushkin, passée dans les rangs de Oracle et Nice, et récemment recrutée au poste de vice présidente du marketing.
Ex Libris est née à l’issue d’une compétition entre le Technion et l’Université hébraïque de Jérusalem. A l’époque, les établissements universitaires israéliens ne disposaient pas d’interface performante entre l’hébreu et d’autres langues pour la gestion documentaire. L’équipe de Jérusalem a remporté le pari, et Yissum, le bras commercial de l’Université hébraïque, a transposé le concept en entreprise. Le vétéran israélien des logiciels Azriel Moragh (aujourd’hui à la retraite) est entré dans l’affaire, tandis que plusieurs « business angels » ont soutenu le développement des versions successives d’ALEPH ou de l’outil SFX, qui a donné accès à des textes documentaires en version intégrale. Aujourd’hui, la firme travaille dans deux grandes directions. Avec 80% de son activité en Europe et en Amérique du Nord, Ex Libris compte mettre les bouchées doubles sur le continent asiatique, où la firme compte 180 clients. L’autre chantier majeur concerne la préservation. L’évolution des technologies a en effet un effet pervers puisque certaines données deviennent parfois inaccessibles. L’idée étant de pérénniser l’accès documentaire.
Une interview avec Frédéric Lefèvre, directeur général d’Ex Libris en France
Quel a été l’apport d’Ex Libris sur le marché français?
« Ex Libris s’est vraiment fait connaître en France, à partir de 1997, avec la solution SIGB Aleph500. Celle-ci a tout de suite été considérée par les principaux acteurs du marché comme étant révolutionnaire, en raison de ses aspects novateurs tels que la gestion multilingue et multi alphabets, sa capacité à gérer, sur un seul système, des organisations de type consortium ou encore l’intégration des grands standards technologiques et documentaires. Ce dernier point est même à l’origine de l’image high-tech d’Ex Libris. Nous nous sommes toujours efforcés à concevoir des solutions répondant ou précédant les nouvelles attentes du marché, que cela concerne les collections numérisées ou les ressources électroniques. Pour ce faire, Ex Libris est même parfois directement à l’origine de nouvelles normes, comme ce fut le cas avec l’OpenURL, protocole, aujourd’hui NISO, conçu dans le cadre du développement de notre outil SFX. Cette différenciation technologique, en regard des acteurs historiques du marché français, a sans conteste joué une part importante dans le grand succès francophone d’Ex Libris.
Quand sera lancé Primo en France et en Europe? Quelles sont les attentes du marché par rapport à cette nouvelle génération de produits?
La solution d’exploration documentaire institutionnelle Primo sera lancée commercialement sur le marché français, et européen, au cours de 2nd trimestre 2007. Les premières présentations se sont révélées enthousiasmantes, tant pour les participants que pour Ex Libris. Nos clients vont ainsi avoir la possibilité de satisfaire totalement la nouvelle génération d’usagers, en conciliant leurs habitudes de recherche « Googlesque » et la fiabilité inégalable des résultats proposés par les bibliothèques et centre de documentation. 3/ Il y a tout un débat autour de la “Google” dépendance…
Primo répond à cette nouvelle tendance en constituant une solution universelle de recherche correspondant tout à fait à l’esprit du web 2.0. Grâce à Primo, tout utilisateur peut avoir un rôle actif (type Wiki) sur le contenu informatif proposé par les institutions en faisant part à la collectivité des usagers de ses commentaires, en évaluant les ressources ou les documents, ou même en attribuant des « tags » qui pourront être exploités par les autres usagers ».